En plein centre de Londres, huit artistes vivent dans une colocation atypique. Un choix de vie plus qu’une obligation financière.
Rendez-vous au 89 Great Russell Street. Nous devons rencontrer Sacha Craddock, une critique d’art qui vit en colocation depuis l’âge de 17 ans. Cette visite nous réserve des surprises avant même de franchir le seuil de la maison.
À proximité du British Museum, impossible de trouver l’adresse exacte. La rue s’arrête au numéro 67. Il faut repartir en sens inverse, traverser la rue pour, enfin, trouver la bonne porte.
Sacha Craddock et Cora vivent en colocation depuis trente ans.
La grande maison géorgienne est aussi farfelue que son adresse postale. Cinq étages, neuf chambres, trois cuisines et trois salles de bains pour huit occupants : Sacha, 51 ans, sa fille Augusta, quatorze ans, et Corinne Pearlman, 57 ans, habitent avec Kim, Steve, Margareta, Inigo et Louise. Un camaïeu d’artistes qui ont choisi ce mode de vie original. Sans se soucier des avantages financiers.
« Cora et moi, nous avons célébré nos trente ans de vie commune en 2002, raconte Sacha. Une vraie fête pour de fausses noces de perle. Souvent, on nous prend pour des lesbiennes. Difficile pour certaines personnes de comprendre notre relation. » La maison a toujours été pleine, mais chacun a su garder un espace d’intimité.
« Quand Augusta est née, nous avons investi l’étage du haut pour nous isoler un peu. Mais les autres habitants ont toujours accepté de m’aider. Vivre en colocation, c’est ne pas assumer, seule, la gestion d’une maison. Et pour une mère, c’est bien plus facile d’être entourée », affirme Sacha.
Aujourd’hui, Augusta est une adolescente épanouie. Contrairement à sa mère et à ses colocataires, elle ne veut pas « travailler dans un milieu artistique, mais… dans le théâtre ». Corinne et Sacha se regardent en riant. Et se demandent si elles lui transmettront aussi le goût de vivre en communauté.
(avec Alexandra Nawawi)
lundi 11 juin 2007
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