lundi 11 juin 2007

"Il se moque de l'avis des autres"

C’est Sally Hamwee, la présidente de la London Assembly, chargée de voter le budget et de contrôler l’action du maire, qui le dit. Ken le Rouge y est minoritaire. Mais ça ne l’empêche pas d’agir.


Sally Hamwee, opposante à Livingstone, préside la London Assembly.
« Livingstone fait ce qu’il veut.  » Pour Sally Hamwee, présidente libérale-démocrate de la London Assembly, le maire a les pleins pouvoirs pour gérer Londres. L’élection au suffrage universel direct donne à la fonction ce style présidentiel. Et l’assemblée dans tout ça ? Elle fait figure de contre-pouvoir sans pouvoir.

La London Assembly oblige le maire à rendre ses décisions publiques, peut en débattre et doit surtout approuver le budget. Mais, précise Sally Hamwee, «  pour le rejeter, il faut deux tiers des 25 membres, donc un tiers des voix suffit pour appliquer une politique. Les travaillistes et les verts occupent un tiers des sièges  : on ne peut rien bloquer.  »

Cet aveu d’impuissance politique cantonne l’assemblée à un rôle critique. Et les opposants conservateurs ne s’en privent pas. «  Livingstone est un désastre.  » Ils sont deux à le dire  : Brian Coleman, vice-président de l’assemblée, et Richard Barnes, président de la commission sur le terrorisme. Mais que reprochent-ils concrètement aux décisions du maire  ? Son côté dépensier d’abord. «  On pourrait le soutenir sur beaucoup de points mais il dépense trop  », explique le vice-président. Barnes reproche notamment à Livingstone d’injecter «  toujours plus d’argent dans la police sans parvenir à enrayer la criminalité.  »

Le péage urbain contesté
Même constat au niveau des transports. «  Le service de bus est très bon aujourd’hui, mais à quel prix ? Ca coûte un milliard de livres par an à la municipalité  », déplore Roger Evans, président de la commission des transports. Alors que «  le prix du billet pour les usagers a aussi augmenté  », ajoute Coleman.


Richard Barnes, président conservateur de la commission sur le terrorisme à la London Assembly.
La mise en place du péage urbain a déclenché l’hostilité de l’assemblée. «  La circulation est pire qu’avant, à cause des travaux, même si ça a désengorgé le centre-ville, explique Evans. Et ça ne rapporte pas autant d’argent que prévu.  » Barnes veut donc mettre en place une commission «  indépendante  » pour mesurer son efficacité  : «  Si le péage ne réduit pas le trafic, il n’a aucun intérêt, c’est juste un impôt supplémentaire. Et l’impact environnemental est nul car la zone est trop restreinte.  » C’est justement ce qui a poussé le maire à étendre la zone de la Congestion charge. Contre l’avis de l’assemblée. Et des Londoniens. «  Il décide seul et se moque de l’avis des autres  », conclut Hamwee.

Le gaspillage et le style présidentiel, voilà ce qui suscite l’animosité de la London Assembly contre le maire. Reste à savoir quel conservateur pourra relever le défi face à un Ken Livingstone toujours très populaire quoi qu’il fasse et en bonne voie pour décrocher un troisième mandat.

0 commentaires: